Restic est un logiciel de sauvegarde gratuit et open source qui permet de protéger ses fichiers sous Windows, Linux et macOS. Il se distingue par son fonctionnement en ligne de commande, son chiffrement intégré, la déduplication des données et la gestion des sauvegardes sous forme de snapshots.
Avec Restic, vous pouvez sauvegarder des dossiers vers un disque local, un disque externe, un NAS, un serveur distant ou encore un stockage cloud via rclone. Les sauvegardes suivantes ne recopient pas inutilement les données déjà présentes, ce qui permet de réduire l’espace utilisé et d’accélérer les opérations.
L’outil permet également de restaurer une sauvegarde complète ou seulement certains fichiers, d’exclure des dossiers, de gérer une politique de rétention avec forget et prune, de vérifier l’intégrité du repository et d’automatiser les sauvegardes avec PowerShell, cron ou systemd.
Dans ce tutoriel, vous allez voir comment installer Restic, créer un repository, sauvegarder et restaurer vos fichiers, gérer les snapshots, supprimer les anciennes sauvegardes, vérifier leur intégrité et automatiser les sauvegardes.
Restic est particulièrement adapté si vous recherchez une solution de sauvegarde légère, chiffrée et scriptable, sans dépendre d’une interface graphique.
Qu’est-ce que Restic ?
Restic est un logiciel de sauvegarde en ligne de commande, gratuit et open source, conçu pour créer des sauvegardes rapides, chiffrées et dédupliquées.
Il fonctionne sous Windows, Linux, macOS et d’autres systèmes, et permet de sauvegarder des fichiers vers différents types de destinations : un disque local, un disque USB, un NAS, un serveur distant ou certains stockages cloud.
Restic repose sur deux notions principales :
- le repository : l’emplacement dans lequel les données de sauvegarde sont stockées ;
- le snapshot : une photographie de l’état des fichiers au moment d’une sauvegarde.
À chaque nouvelle sauvegarde, Restic ne recopie pas inutilement toutes les données déjà présentes. Il réutilise les blocs déjà sauvegardés et n’ajoute que les nouvelles données ou celles qui ont été modifiées. Cela permet de réduire l’espace disque utilisé et d’accélérer les sauvegardes suivantes.
Les données enregistrées dans le dépôt sont également chiffrées. Le contenu des fichiers, leurs noms et les métadonnées sont protégés par le mot de passe du repository.

Restic permet notamment de :
- sauvegarder un ou plusieurs dossiers ;
- conserver plusieurs versions grâce aux snapshots ;
- restaurer une sauvegarde complète ou seulement certains fichiers ;
- exclure des fichiers ou dossiers ;
- vérifier l’intégrité du repository ;
- supprimer automatiquement les anciennes sauvegardes ;
- automatiser les sauvegardes avec le Planificateur de tâches de Windows, cron ou systemd ;
- utiliser un stockage local ou distant.
Restic est donc particulièrement adapté si vous recherchez une solution de sauvegarde légère, fiable et scriptable, sans dépendre d’une interface graphique.
Son principal inconvénient est justement son fonctionnement en ligne de commande : il faut se familiariser avec quelques commandes pour créer le dépôt, lancer les sauvegardes et effectuer les restaurations. Une fois cette logique comprise, son utilisation reste toutefois assez simple.
Installer Restic sur Windows et Linux
Restic est disponible sous Windows et Linux. Il s’agit d’un programme en ligne de commande : une fois installé, vous l’utilisez depuis PowerShell, l’Invite de commandes ou un terminal Linux.
Installer Restic sous Windows
Sous Windows, Restic est disponible sous la forme d’un exécutable autonome. Il n’est donc pas nécessaire de passer par un programme d’installation classique.
Téléchargez la dernière version stable de Restic depuis la page officielle :
Choisissez l’archive correspondant à votre architecture, généralement Windows AMD64 pour un PC Windows 64 bits.
Après le téléchargement :
- décompressez l’archive ;
- renommez éventuellement le fichier en
restic.exe; - placez-le dans un dossier dédié, par exemple
C:\Program Files\Restic\; - ajoutez ce dossier à la variable d’environnement
PATHafin de pouvoir lancer Restic depuis n’importe quel terminal.
Vous pouvez ensuite vérifier que Restic fonctionne avec :
restic version
La version installée doit alors s’afficher.
Si vous ne souhaitez pas modifier le PATH, ouvrez PowerShell directement dans le dossier de Restic puis utilisez :
.\restic.exe version
Installer Restic sous Linux
Sous Linux, Restic est disponible dans les dépôts de nombreuses distributions.
Sur Debian, Ubuntu et dérivées :
sudo apt update
sudo apt install restic
Sur Fedora :
sudo dnf install restic
Sur Arch Linux et dérivées :
sudo pacman -S restic
Une fois l’installation terminée, vérifiez la version :
restic version
Vous pouvez aussi télécharger directement le binaire depuis le site officiel de Restic si vous souhaitez disposer d’une version plus récente que celle fournie par les dépôts de votre distribution.
Après l’installation, Restic est prêt à être utilisé. L’étape suivante consiste à créer un repository, c’est-à-dire l’emplacement dans lequel seront stockées les sauvegardes.
Créer un dépôt de sauvegarde Restic
Avant de pouvoir sauvegarder des fichiers avec Restic, il faut créer un dépôt, appelé repository. Il s’agit de l’emplacement dans lequel Restic va stocker les données, les métadonnées et les différents snapshots de sauvegarde.
Le dépôt peut se trouver sur un disque local, un disque USB, un NAS, un serveur distant ou un stockage cloud. Pour commencer simplement, vous pouvez créer un dépôt sur un autre disque.
- Sous Windows, par exemple :
restic init --repo D:\Sauvegardes\Restic
- Sous Linux :
restic init --repo /mnt/sauvegardes/restic
Lors de l’initialisation, Restic vous demande de définir un mot de passe. Celui-ci sert à chiffrer le contenu du dépôt.
- Choisissez un mot de passe solide et conservez-le précieusement. Sans ce mot de passe, il ne sera pas possible d’accéder aux sauvegardes ni de restaurer les fichiers.
- Le mot de passe ne peut pas être récupéré par Restic : conservez-en une copie dans un gestionnaire de mots de passe ou un emplacement sécurisé.
- Une fois le dépôt créé, Restic affiche un message confirmant son initialisation.
- Vous pouvez ensuite vérifier que le dépôt est accessible avec :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic snapshots
- ou sous Linux :
restic -r /mnt/sauvegardes/restic snapshots
Comme aucune sauvegarde n’a encore été effectuée, la liste des snapshots sera vide.
À partir de ce moment, le repository est prêt à recevoir les premières sauvegardes. Lors des commandes suivantes, l’option -r ou --repo permet d’indiquer à Restic quel dépôt utiliser.

Sauvegarder un dossier avec Restic
Une fois le repository créé, vous pouvez lancer votre première sauvegarde avec la commande backup.
- Sous Windows, par exemple pour sauvegarder le dossier Documents :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic backup C:\Users\VotreNom\Documents
- Sous Linux :
restic -r /mnt/sauvegardes/restic backup /home/votre_nom/Documents
Restic demande alors le mot de passe du repository, analyse les fichiers puis enregistre les données dans le dépôt.
À la fin de l’opération, un résumé indique notamment :
- le nombre de fichiers analysés ;
- le volume de données ajouté ;
- la quantité réellement stockée après déduplication ;
- la durée de la sauvegarde ;
- l’identifiant du nouveau snapshot.

Lors des sauvegardes suivantes, Restic ne recopie pas inutilement les données déjà présentes dans le repository. Il détecte les nouveaux fichiers et les blocs modifiés, ce qui réduit le temps de sauvegarde et l’espace utilisé.
Vous pouvez également sauvegarder plusieurs dossiers dans une seule commande :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic backup C:\Users\VotreNom\Documents C:\Users\VotreNom\Pictures
Sous Linux :
restic -r /mnt/sauvegardes/restic backup /home/votre_nom/Documents /home/votre_nom/Images
Il est aussi possible de sauvegarder un dossier complet contenant plusieurs sous-dossiers. Restic parcourt automatiquement son contenu de manière récursive.
Par exemple :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic backup C:\Users\VotreNom
Cette commande sauvegarde tout le profil utilisateur, sauf les éléments éventuellement exclus avec des options spécifiques.
Sauvegarder sans saisir le mot de passe à chaque fois
Vous pouvez aussi faire en sorte d’éviter de devoir saisir le mot de passe à chaque commande.
Voici deux méthodes différentes pour y parvenir.
Avec une variable
Pour éviter de saisir le chemin du repository à chaque commande, vous pouvez définir la variable d’environnement RESTIC_REPOSITORY.
Sous Linux :
export RESTIC_PASSWORD_FILE="/root/.restic-password"
Sous PowerShell :
$env:RESTIC_REPOSITORY="D:\Sauvegardes\Restic"
Vous pouvez ensuite lancer simplement :
restic backup C:\Users\VotreNom\Documents
Restic utilise alors automatiquement le repository défini dans la variable d’environnement.
Avec un fichier
Vous pouvez aussi stocker le mot de passe dans un fichier sur une seule ligne.
Par exemple C:\Restic\password.txt ou /root/.restic-password.
Sous Windows :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic `
--password-file C:\Restic\password.txt `
backup C:\Users\VotreNom\Documents
Sous Linux :
restic -r /mnt/sauvegardes/restic \
--password-file /root/.restic-password \
backup /home/votre_nom/Documents
Lister les sauvegardes et snapshots
Restic conserve chaque sauvegarde sous la forme d’un snapshot. Un snapshot représente l’état des fichiers au moment où la commande backup a été exécutée.
Pour afficher la liste des sauvegardes disponibles, utilisez :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic snapshots
Sous Linux :
restic -r /mnt/sauvegardes/restic snapshots
Restic affiche alors un tableau contenant notamment :
- l’identifiant du snapshot ;
- la date et l’heure de la sauvegarde ;
- le nom de l’ordinateur ;
- l’utilisateur ;
- les chemins sauvegardés.

L’identifiant du snapshot est particulièrement utile pour effectuer une restauration précise.
Par exemple, si Restic affiche un snapshot avec l’identifiant :
4f3a9c2b
Vous pourrez ensuite l’utiliser dans une commande de restauration.
Il est aussi possible d’afficher les informations détaillées d’un snapshot avec :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic stats 4f3a9c2b

Pour afficher le contenu d’un snapshot sans restaurer les fichiers, utilisez :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic ls 4f3a9c2b
Vous pouvez également utiliser le mot-clé latest pour cibler automatiquement la sauvegarde la plus récente :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic ls latest
Cela évite d’avoir à recopier l’identifiant du dernier snapshot.

Enfin, si vous avez défini la variable RESTIC_REPOSITORY, la commande peut être simplifiée :
restic snapshots
Cette liste des snapshots permet de vérifier que les sauvegardes sont bien présentes et de choisir celle à utiliser pour restaurer des fichiers.
Restaurer des fichiers avec Restic
Restic permet de restaurer une sauvegarde complète ou seulement certains fichiers à partir d’un snapshot existant.
Pour restaurer le dernier snapshot disponible vers un dossier spécifique sous Windows :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic restore latest --target C:\Restauration
Sous Linux :
restic -r /mnt/sauvegardes/restic restore latest --target /tmp/restauration
Restic recrée alors l’arborescence de la sauvegarde dans le dossier indiqué par --target.

Si vous souhaitez restaurer un snapshot précis, utilisez son identifiant :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic restore 4f3a9c2b --target C:\Restauration
Vous pouvez retrouver les identifiants disponibles avec :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic snapshots
Pour restaurer uniquement certains fichiers ou dossiers, utilisez l’option --include.
Par exemple :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic restore latest --target C:\Restauration --include "/C/Users/VotreNom/Documents"
Vous pouvez également exclure certains éléments avec --exclude.
Par exemple :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic restore latest --target C:\Restauration --exclude "*.tmp"
Avant de restaurer, il peut être utile d’afficher le contenu du snapshot :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic ls latest
Cela permet de vérifier les chemins présents dans la sauvegarde et d’éviter de restaurer des données inutiles.
Une fois la restauration terminée, contrôlez le contenu du dossier cible avant de remplacer d’éventuels fichiers existants sur le système.
Pour une restauration importante, il est préférable de restaurer d’abord vers un dossier temporaire, puis de recopier manuellement les fichiers souhaités à leur emplacement d’origine. Cela limite le risque d’écraser par erreur une version plus récente d’un fichier.
Exclure des fichiers et dossiers de la sauvegarde
Lors d’une sauvegarde, il peut être utile d’exclure certains fichiers inutiles, temporaires ou volumineux afin de réduire la taille du repository et d’accélérer l’opération.
Restic propose pour cela l’option --exclude.
Par exemple, pour exclure tous les fichiers temporaires :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic backup C:\Users\VotreNom --exclude "*.tmp"
Vous pouvez également exclure un dossier précis :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic backup C:\Users\VotreNom --exclude "C:\Users\VotreNom\Downloads"
Plusieurs exclusions peuvent être ajoutées dans la même commande :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic backup C:\Users\VotreNom `
--exclude "*.tmp" `
--exclude "*.log" `
--exclude "C:\Users\VotreNom\Downloads"
Sous Linux, le principe est identique :
restic -r /mnt/sauvegardes/restic backup /home/votre_nom \
--exclude "*.tmp" \
--exclude "/home/votre_nom/Téléchargements"
Pour un grand nombre de règles, il est plus pratique d’utiliser un fichier d’exclusion.
Créez par exemple un fichier excludes.txt contenant :
*.tmp
*.log
Thumbs.db
C:\Users\VotreNom\Downloads
C:\Users\VotreNom\AppData\Local\Temp
Puis indiquez ce fichier à Restic :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic backup C:\Users\VotreNom --exclude-file C:\Restic\excludes.txt
Cette méthode est particulièrement utile pour automatiser les sauvegardes, car vous pouvez modifier les règles d’exclusion sans avoir à réécrire toute la commande.
Avant d’exclure un dossier, vérifiez toutefois qu’il ne contient pas de données importantes. Une exclusion mal définie peut empêcher certains fichiers d’être présents dans les snapshots suivants.
Supprimer les anciennes sauvegardes avec forget et prune
Au fil du temps, Restic peut conserver de nombreux snapshots. Pour éviter que le repository ne grossisse indéfiniment, vous pouvez supprimer les anciennes sauvegardes selon une politique de rétention.
Restic utilise principalement deux commandes pour cela :
forget: supprime les références aux snapshots devenus inutiles ;prune: supprime réellement du repository les données qui ne sont plus utilisées par aucun snapshot.
Il est donc important de comprendre que forget seul ne libère pas forcément immédiatement tout l’espace disque.
Pour afficher d’abord les snapshots disponibles :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic snapshots
Vous pouvez ensuite supprimer un snapshot précis avec son identifiant :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic forget 4f3a9c2b

Pour appliquer une politique de rétention automatique, utilisez les options --keep-*.
Par exemple, pour conserver :
- les 7 dernières sauvegardes quotidiennes ;
- les 4 dernières sauvegardes hebdomadaires ;
- les 6 dernières sauvegardes mensuelles ;
utilisez :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic forget `
--keep-daily 7 `
--keep-weekly 4 `
--keep-monthly 6
Sous Linux :
restic -r /mnt/sauvegardes/restic forget \
--keep-daily 7 \
--keep-weekly 4 \
--keep-monthly 6
Cette commande supprime les snapshots qui ne correspondent plus aux règles de conservation, mais les blocs de données devenus inutiles peuvent encore rester dans le repository.
Pour réellement récupérer l’espace disque, lancez ensuite :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic prune
Il est également possible d’effectuer les deux opérations en une seule commande :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic forget `
--keep-daily 7 `
--keep-weekly 4 `
--keep-monthly 6 `
--prune
Cette méthode est particulièrement pratique dans un script de sauvegarde automatisé.
Avant de supprimer des snapshots, vérifiez toutefois que votre politique de rétention correspond bien à vos besoins. Une sauvegarde supprimée avec forget puis nettoyée avec prune ne pourra plus être restaurée.
Il est donc recommandé de commencer avec une rétention prudente, puis d’ajuster les valeurs en fonction de l’espace disponible et de la fréquence de vos sauvegardes.
Vérifier l’intégrité des sauvegardes avec restic check
Il est important de vérifier régulièrement que le repository Restic ne contient pas d’erreur et que les sauvegardes restent exploitables.
Pour cela, Restic propose la commande check.
Sous Windows :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic check
Sous Linux :
restic -r /mnt/sauvegardes/restic check
Cette commande vérifie la structure du repository, les index, les snapshots et les références entre les différents objets stockés.
Si tout est correct, Restic termine l’analyse sans signaler d’erreur.

Pour effectuer une vérification plus poussée des données enregistrées, vous pouvez utiliser :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic check --read-data
Cette option demande à Restic de lire les données présentes dans le repository afin de vérifier leur intégrité.
Attention toutefois : sur un repository volumineux, --read-data peut être beaucoup plus long qu’un simple check, car l’ensemble des données doit être parcouru.
Il est également possible de limiter la vérification à une partie des données, par exemple :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic check --read-data-subset=10%
Cette méthode permet d’effectuer régulièrement un contrôle partiel sans relire tout le repository à chaque fois.
Dans une stratégie de sauvegarde sérieuse, vous pouvez par exemple :
- lancer
restic checkrégulièrement ; - effectuer ponctuellement un contrôle avec
--read-data; - tester de temps en temps une restauration réelle de quelques fichiers.
En effet, une sauvegarde n’est réellement fiable que si elle peut être restaurée correctement. Vérifier le repository est donc utile, mais il est également recommandé de tester périodiquement une restauration vers un dossier temporaire.
Sauvegarder vers un disque externe, un NAS ou un serveur distant
Restic peut enregistrer ses sauvegardes sur différents types de destinations. Le repository n’a pas besoin de se trouver sur le disque principal du PC : il peut être stocké sur un disque USB, un NAS ou un serveur distant.
Sauvegarder sur un disque externe
Pour un disque USB ou un second disque interne, il suffit d’utiliser son chemin comme repository.
Sous Windows :
restic -r E:\ResticBackup backup C:\Users\VotreNom\Documents
Sous Linux :
restic -r /media/sauvegarde/restic backup /home/votre_nom/Documents
Cette solution est simple à mettre en place et convient bien pour conserver une copie hors du disque système.
Pour une meilleure protection contre les ransomwares ou une panne matérielle, évitez toutefois de laisser le disque externe connecté en permanence.
Sauvegarder sur un NAS
Si le NAS expose un partage réseau SMB ou NFS monté dans Windows ou Linux, Restic peut l’utiliser comme un dossier classique.
Sous Windows, avec un partage réseau monté sur Z: :
restic -r Z:\ResticBackup backup C:\Users\VotreNom\Documents
Vous pouvez aussi utiliser un chemin UNC :
restic -r \\NAS\Sauvegardes\Restic backup C:\Users\VotreNom\Documents
Sous Linux, si le partage du NAS est monté dans /mnt/nas :
restic -r /mnt/nas/restic backup /home/votre_nom/Documents
Le principe reste identique : le repository doit d’abord être créé avec restic init, puis vous pouvez utiliser la commande backup.
Sauvegarder sur un serveur distant avec SFTP
Restic prend également en charge les repositories accessibles en SFTP.
Par exemple :
restic -r sftp:utilisateur@serveur:/srv/restic backup /home/votre_nom/Documents
Sous Windows, le principe est identique depuis PowerShell si l’accès SSH au serveur est correctement configuré :
restic -r sftp:utilisateur@serveur:/srv/restic backup C:\Users\VotreNom\Documents
L’authentification peut s’effectuer avec un mot de passe SSH ou, de préférence, avec une clé SSH.
Avant la première sauvegarde, initialisez le repository distant :
restic -r sftp:utilisateur@serveur:/srv/restic init
Restic chiffre les données avant leur envoi. Le serveur distant stocke donc le contenu chiffré du repository.
Utiliser un stockage distant avec rclone
Restic peut aussi s’appuyer sur rclone pour accéder à de nombreux services de stockage cloud ou protocoles distants.
Après avoir configuré une destination dans rclone, vous pouvez par exemple utiliser :
restic -r rclone:remote:ResticBackup backup /home/votre_nom/Documents
Sous Windows :
restic -r rclone:remote:ResticBackup backup C:\Users\VotreNom\Documents
Cette méthode permet notamment d’utiliser les nombreux fournisseurs compatibles avec rclone sans que Restic ait besoin de gérer directement chacun d’eux.
Quelle destination choisir ?
Pour une sauvegarde locale simple, un disque externe est souvent suffisant. Un NAS est plus pratique pour automatiser les sauvegardes de plusieurs machines, tandis qu’un serveur distant ou un stockage cloud permet de conserver une copie hors du domicile ou de l’entreprise.
Pour une meilleure protection des données, l’idéal reste de disposer d’au moins une copie de sauvegarde stockée sur un support ou un emplacement différent du PC sauvegardé.
Automatiser les sauvegardes Restic
Restic se prête très bien à l’automatisation. Une fois la commande de sauvegarde définie, vous pouvez la lancer régulièrement avec le Planificateur de tâches de Windows, cron sous Linux ou un service systemd.
L’objectif est généralement d’exécuter automatiquement une commande de ce type :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic backup C:\Users\VotreNom\Documents
Le principal point à gérer est le mot de passe du repository. Pour éviter une saisie manuelle à chaque exécution, vous pouvez utiliser un fichier contenant le mot de passe.
Par exemple :
C:\Restic\password.txt
Puis lancer Restic avec :
restic -r D:\Sauvegardes\Restic --password-file C:\Restic\password.txt backup C:\Users\VotreNom\Documents
Protégez soigneusement ce fichier, car toute personne pouvant le lire pourra ouvrir le repository.
Automatiser Restic sous Windows
Le plus pratique consiste à créer un script PowerShell, par exemple :
$repo = "D:\Sauvegardes\Restic"
$password = "C:\Restic\password.txt"
$source = "C:\Users\VotreNom\Documents"
restic -r $repo --password-file $password backup $source
Enregistrez-le par exemple sous :
C:\Restic\backup-restic.ps1
Vous pouvez ensuite créer une tâche planifiée :
- ouvrez le Planificateur de tâches ;
- cliquez sur Créer une tâche ;
- choisissez un déclencheur, par exemple tous les jours à 20 h ;
- dans Actions, ajoutez le programme
powershell.exe; - utilisez comme argument :
-ExecutionPolicy Bypass -File "C:\Restic\backup-restic.ps1"
La sauvegarde sera alors exécutée automatiquement selon la fréquence choisie.
Ajouter une politique de rétention
Vous pouvez également nettoyer automatiquement les anciens snapshots après la sauvegarde.
Par exemple :
$repo = "D:\Sauvegardes\Restic"
$password = "C:\Restic\password.txt"
$source = "C:\Users\VotreNom\Documents"
restic -r $repo --password-file $password backup $source
restic -r $repo --password-file $password forget `
--keep-daily 7 `
--keep-weekly 4 `
--keep-monthly 6 `
--prune
Cette configuration conserve plusieurs générations de sauvegardes tout en évitant que le repository ne grossisse indéfiniment.
Automatiser Restic sous Linux avec cron
Sous Linux, vous pouvez créer un script :
#!/bin/bash
export RESTIC_REPOSITORY="/mnt/sauvegardes/restic"
export RESTIC_PASSWORD_FILE="/root/.restic-password"
restic backup /home/votre_nom/Documents
restic forget --keep-daily 7 --keep-weekly 4 --keep-monthly 6 --prune
Rendez-le exécutable :
chmod +x /usr/local/bin/backup-restic.sh
Puis ouvrez la crontab :
crontab -e
Par exemple, pour lancer la sauvegarde chaque jour à 2 h :
0 2 * * * /usr/local/bin/backup-restic.sh
Conserver un journal des sauvegardes
Pour une tâche automatisée, il est conseillé de conserver les sorties de Restic afin de pouvoir vérifier qu’une sauvegarde s’est bien déroulée.
Sous Windows :
restic -r $repo --password-file $password backup $source *>> C:\Restic\restic.log
Sous Linux :
restic backup /home/votre_nom/Documents >> /var/log/restic.log 2>&1
Vous pourrez ainsi consulter le journal en cas d’échec ou vérifier la date de la dernière sauvegarde réussie.
Enfin, même avec une automatisation parfaitement configurée, contrôlez régulièrement la présence des snapshots avec restic snapshots et testez ponctuellement une restauration. Une tâche qui s’exécute automatiquement ne garantit pas à elle seule que les sauvegardes sont réellement exploitables.
Quelques commandes Restic utiles
Restic propose de nombreuses commandes pour gérer les sauvegardes, consulter les snapshots, restaurer des fichiers ou entretenir le repository. Voici les principales à connaître.
Afficher la version installée :
restic version
Créer un nouveau repository :
restic -r /chemin/du/repository init
Sauvegarder un dossier :
restic -r /chemin/du/repository backup /chemin/a/sauvegarder
Afficher les snapshots disponibles :
restic -r /chemin/du/repository snapshots
Afficher le contenu du dernier snapshot :
restic -r /chemin/du/repository ls latest
Afficher des statistiques sur un snapshot :
restic -r /chemin/du/repository stats latest
Restaurer le dernier snapshot :
restic -r /chemin/du/repository restore latest --target /chemin/restauration
Restaurer un snapshot précis :
restic -r /chemin/du/repository restore ID_DU_SNAPSHOT --target /chemin/restauration
Sauvegarder en excluant certains fichiers :
restic -r /chemin/du/repository backup /chemin/a/sauvegarder --exclude "*.tmp"
Utiliser un fichier d’exclusions :
restic -r /chemin/du/repository backup /chemin/a/sauvegarder --exclude-file excludes.txt
Supprimer un ancien snapshot :
restic -r /chemin/du/repository forget ID_DU_SNAPSHOT
Appliquer une politique de rétention :
restic -r /chemin/du/repository forget \
--keep-daily 7 \
--keep-weekly 4 \
--keep-monthly 6
Supprimer les données devenues inutiles dans le repository :
restic -r /chemin/du/repository prune
Appliquer la rétention et nettoyer le repository en une seule commande :
restic -r /chemin/du/repository forget \
--keep-daily 7 \
--keep-weekly 4 \
--keep-monthly 6 \
--prune
Vérifier la structure et l’intégrité du repository :
restic -r /chemin/du/repository check
Effectuer une vérification complète des données :
restic -r /chemin/du/repository check --read-data
Vérifier seulement une partie des données :
restic -r /chemin/du/repository check --read-data-subset=10%
Enfin, si vous avez défini la variable RESTIC_REPOSITORY, vous pouvez simplifier les commandes et omettre l’option -r :
restic snapshots
restic backup /chemin/a/sauvegarder
restic check
Ces commandes couvrent l’essentiel des opérations courantes avec Restic : création du dépôt, sauvegarde, restauration, gestion des snapshots et vérification des données.
Restic : avantages et limites
Restic est une solution de sauvegarde particulièrement intéressante si vous recherchez un outil léger, fiable, chiffré et facilement automatisable.
Ses principaux avantages sont :
- le chiffrement intégré : les sauvegardes sont protégées avant leur stockage ;
- la déduplication : les blocs déjà présents dans le repository ne sont pas recopiés inutilement ;
- les snapshots : il est possible de conserver plusieurs états successifs des fichiers ;
- la compatibilité multiplateforme : Restic fonctionne sous Windows, Linux et macOS ;
- le support de nombreuses destinations : disque local, disque USB, NAS, serveur SFTP ou stockage distant via rclone ;
- la simplicité de l’automatisation : les commandes peuvent facilement être intégrées à PowerShell, cron ou systemd ;
- la vérification d’intégrité : la commande
restic checkpermet de contrôler régulièrement l’état du repository ; - la restauration sélective : il est possible de restaurer un snapshot complet ou seulement certains fichiers.
Restic présente toutefois quelques limites.
La principale est son fonctionnement essentiellement en ligne de commande. Pour un utilisateur habitué aux logiciels de sauvegarde avec interface graphique, la prise en main peut demander un petit temps d’adaptation.
La gestion du mot de passe du repository demande également de la rigueur. Si vous perdez ce mot de passe, les données chiffrées ne pourront plus être restaurées.
Les opérations d’entretien comme forget, prune ou check --read-data peuvent aussi devenir longues sur de gros repositories, en particulier lorsque le stockage est distant ou relativement lent.
Enfin, Restic sauvegarde avant tout des fichiers et dossiers. Ce n’est pas un logiciel d’image système complet destiné à restaurer Windows entier, les partitions, le secteur de démarrage et toutes les applications après une panne de disque.
Il ne remplace donc pas une image système si votre objectif est de restaurer Windows, les partitions et le démarrage après une panne complète du disque
À lire :
Restic convient donc très bien pour :
- sauvegarder régulièrement ses documents et données personnelles ;
- conserver plusieurs versions de fichiers ;
- envoyer des sauvegardes chiffrées vers un NAS ou un serveur distant ;
- automatiser une stratégie de sauvegarde avec des scripts.
En revanche, si votre objectif est de pouvoir restaurer intégralement un PC après une panne du disque système, il est préférable de compléter Restic avec une sauvegarde d’image système.
Restic est donc particulièrement adapté aux utilisateurs qui recherchent une solution de sauvegarde sobre, sécurisée et scriptable, à condition d’être à l’aise avec quelques commandes.
- 20 meilleurs logiciels de sauvegarde pour Linux (open source)
- Sauvegarder/restaurer des fichiers sur Linux avec Deja-dup
- Déja Dup : Comment sauvegarder et restaurer ses fichiers sur Ubuntu
- Timeshift : créer et restaurer une sauvegarde système sur Linux (ligne de commandes)
- Sauvegarder Windows : méthodes pour protéger ses données efficacement
- Liste des logiciels de sauvegardes/images systèmes sur Windows
- Windows 11/10 : sauvegarder ses données personnelles avec l’historique de fichiers
- Faire une sauvegarde de son PC en Windows 11
- Utiliser “Sauvegarder et restaurer (Windows 7)” pour créer une sauvegarde de fichiers ou une image système
- Créer une image système complète sur Windows 11 et 10 (sauvegarde intégrée)
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