Depuis quelques jours, plusieurs articles affirment que Microsoft s’apprête à utiliser le TPM (Trusted Platform Module) pour mettre fin aux activations pirates de Windows 11.
Cette information est pourtant trompeuse. La nouvelle fonctionnalité KMS Hardware-Secured annoncée par Microsoft ne concerne pas les PC des particuliers, mais uniquement les serveurs KMS utilisés par les entreprises pour activer leurs parcs Windows.
Autrement dit, Microsoft ne déploie pas un nouveau mécanisme destiné à détecter ou désactiver les copies non officielles de Windows 11 sur les ordinateurs personnels.
D’où vient cette confusion ?
Le 22 juillet 2026, Microsoft a présenté KMS Hardware-Secured, une évolution du Key Management Service (KMS), son système d’activation en volume destiné aux entreprises.
Rapidement, plusieurs médias ont rapproché cette annonce de la fermeture de certaines méthodes d’activation pirate en 2025, laissant entendre que Microsoft utilisait désormais le TPM pour empêcher toute activation illégale de Windows.
En réalité, ces deux sujets sont indépendants. Le nouveau mécanisme annoncé par Microsoft vise uniquement à renforcer la sécurité des serveurs KMS légitimes utilisés dans les organisations.
Qu’est-ce que KMS ?
Le Key Management Service (KMS) est une solution de licences en volume utilisée par les entreprises, les administrations et les établissements scolaires.
Au lieu que chaque ordinateur contacte directement les serveurs de Microsoft pour être activé, les postes Windows s’adressent à un serveur KMS interne qui gère l’activation de l’ensemble du parc informatique.
Ce système est totalement transparent pour les utilisateurs et n’est pas utilisé sur les éditions Windows achetées par les particuliers.
A lire :

Ce qui change avec KMS Hardware-Secured
Avec KMS Hardware-Secured, Microsoft demande désormais que le serveur KMS puisse prouver son identité grâce à une puce TPM.
Avant d’autoriser un serveur à distribuer des activations Windows, Microsoft vérifiera notamment :
- que le serveur possède bien un TPM compatible ;
- que son identité matérielle est authentique ;
- que la plateforme n’a pas été modifiée ou compromise.
L’objectif est d’empêcher qu’un faux serveur KMS puisse usurper l’identité d’un serveur légitime et distribuer des activations au sein d’une organisation.
Les particuliers ne sont pas concernés
C’est le point le plus important.
Le TPM de votre PC n’est pas utilisé pour vérifier si votre copie de Windows est officielle.
La nouvelle exigence concerne uniquement le serveur KMS utilisé par les entreprises.
Les ordinateurs Windows personnels, qu’ils soient activés avec une licence OEM, une licence Retail ou une licence numérique, ne sont pas concernés par cette évolution.
Les méthodes d’activation pirate actuelles continuent de fonctionner
Windows Latest rappelle également que les principales méthodes d’activation pirate actuellement utilisées ne reposent généralement pas sur un serveur KMS d’entreprise.
Certaines utilisent une fausse infrastructure KMS locale, tandis que d’autres enregistrent directement une licence numérique ou modifient les mécanismes internes d’activation de Windows.
Dans ces cas, le nouveau contrôle TPM sur les serveurs KMS d’entreprise n’intervient pas, ce qui explique pourquoi cette annonce ne constitue pas une offensive générale contre le piratage de Windows.
A lire :
Une mise en œuvre progressive
Microsoft ne rend pas immédiatement cette nouvelle exigence obligatoire.
À partir d’août 2026, Windows Server 2025 affichera simplement des avertissements indiquant si un serveur KMS est prêt à utiliser KMS Hardware-Secured.
L’obligation d’utiliser un TPM n’entrera en vigueur qu’avec une prochaine version LTSC de Windows Server, dont la date de disponibilité n’a pas encore été annoncée. Les déploiements KMS existants continueront donc à fonctionner normalement d’ici là.
Pourquoi Microsoft met-il en place cette protection ?
L’objectif est avant tout de renforcer la sécurité des infrastructures d’entreprise.
Microsoft explique que des attaquants ont déjà utilisé de faux serveurs KMS pour répondre aux demandes d’activation à la place des serveurs légitimes.
En imposant une attestation matérielle via le TPM, l’entreprise souhaite empêcher l’usurpation d’identité de ces serveurs et garantir que seuls des hôtes KMS authentiques puissent distribuer des licences Windows.
Conclusion
Contrairement à ce qui a été relayé par certains médias, Microsoft ne prépare pas un blocage des copies piratées de Windows 11 grâce au TPM.
La nouveauté KMS Hardware-Secured vise exclusivement les serveurs KMS utilisés dans les environnements professionnels afin de renforcer leur sécurité contre les usurpations d’identité.
Pour les particuliers, cette annonce ne change rien au fonctionnement de Windows ou à son activation. Elle illustre surtout la volonté de Microsoft de mieux protéger les infrastructures de licences en volume des entreprises.
- https://www.windowslatest.com/2026/07/27/you-heard-wrong-microsoft-isnt-ending-pirated-windows-11-with-tpm-and-the-new-rule-only-affects-enterprise-servers/
- https://learn.microsoft.com/windows-server/get-started/kms-hardware-secured
- https://learn.microsoft.com/fr-fr/windows/security/hardware-security/tpm/tpm-recommendations
L’article Non, Microsoft ne va pas bloquer les copies piratées de Windows 11 grâce au TPM : une confusion autour de KMS Hardware-Secured est apparu en premier sur malekal.com.

0 Commentaires